LES MAUX DE LA FIN : « Le docteur songeait : tous ces fantastiques efforts - ces machines géantes, ces réseaux routiers, ces mines à ciel ouvert, ces convoyeurs, ces pipe-lines, ces conduites, ces silos, ces voies ferrées et ces trains, cette centrale à charbon de plusieurs millions de dollars ; ces milliers de kilomètres de lignes électriques à haute tension ; ce paysage sacrifié, la destruction des terres indiennes, de leurs pâturages, de leurs pèlerinages, de leurs cimetières ; l'empoisonnement du dernier gisement d'air pur au milieu de ces 48 états contigus, l'exploitation aveugle d'une eau rare - tous ces pu... de chantiers, toutes ces dépenses

astronomiques et cette insulte révoltante à la terre, au ciel, au cœur de l'homme, pour quoi faire ? Tout ça pour quoi ? Pourquoi ? : pour allumer les lampes des banlieues à venir de Phénix, pour faire marcher l'air conditionné à San Diego, à Los Angeles, pour éclairer les parkings des centres commerciaux à 2h du matin, pour faire tourner les industries de l'aluminium, du magnésium, les usines de PVC et de cuivre, pour illuminer les néons qui font la raison d'être (la seule vraie) de Las Vegas, Albuquerque, Tucson, Salt Lake City, tout le conglomérat des métropoles du sud de la Californie, pour maintenir en vie toute cette gloire phosphorescente en putréfaction (la seule qui reste) et qui s'appelle Centre Ville, Vie Nocturne, Cité Merveilleuse, USA. »                      accueil